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SOIRÉE DE CLÔTURE 2011
le 16 juillet
21h Zone Portuaire d'E. Vigne & J. Chesnel
22h programme Documenter ? du Collectif Jeune Cinéma
Théâtre des Chartreux 105, avenue des Chartreux / 13004 Marseille tél. 04 91 50 18 90

21h Zone Portuaire d’Emmanuel Vigne & Julien Chesnel - 39mn
une production E V A L U N A F I L M S
Le film ZONE PORTUAIRE couvre un siècle d’histoire du Port Autonome de Marseille, de la fin du XIXème à aujourd’hui. Il est exclusivement construit à partir d’images d’archives, pour la plupart inédites : films de communication du Port, sources de l’INA, films politiques, oeuvres de création, films de fiction, films amateurs… Au fur et à mesure de sa narration, ZONE PORTUAIRE nous raconte d’autres histoires que son sujet d’origine : celle d’une ville, d’un pays, de ses relations avec ses colonies, de la transformation du travail de l’homme, de la profonde mutation des villes portuaires, des drames humains qui y sont rattachés, et au-delà, à travers plus d’un siècle d’images filmées, ZONE PORTUAIRE traduit l’évolution du cinéma.



Note d'intention
Un an de recherche aura été nécessaire pour exhumer plus de quarante heures de rushes. Ce que le cinéma donne à voir, aucune carte, aucune étude universitaire ne peut le remplacer. Les images d'archives que nous avons retrouvées (en 35mn, 16mn, 9,5mm, 8mn et vidéo), outre d'être souvent inédites, produisent l'effet d'une histoire en mouvement sous nos yeux, d'une histoire parallèle. Il s'agit du témoignage direct irrigué par la présence réelle des corps, acteurs de la mémoire d'un lieu pris dans sa quotidienneté et constituant la Geste d'un monde perdu. L'histoire que nous racontons témoigne principalement de la mise à distance du port et de la ville, des hommes, des machines et des marchandises. Avant, véritable poumon au coeur de Marseille, le port s'est retrouvé en une cinquantaine d'années coupé des fonctions vitales apparentes de la cité. Ce faisant, l'évolution topographique du port a créé d'immenses espaces vides de présence humaine. Même si les lieux ainsi exsangues présentent à notre regard l'image d'une certaine désolation, nous en captons la force. Ces lieux nous parlent de notre rapport au travail, à la ville, à la mer et réveillent nos imaginaires. Le port est passé durant ce siècle du statut de lieu « habité » à celui de lieu « occupé ». Il est dans le film une puissante métaphore du rapport de l'homme contemporain à son habitat : l'homme occupe sa maison, occupe la ville, occupe un territoire. Les images d'archives que nous avons exhumées sont très hétéroclites quant à leur origine, leur qualité, leur grain ou leur colorimétrie. Le parti pris esthétique du film est d'utiliser ces différences, ces discontinuités visuelles afin de rendre compte des discontinuités de l'histoire elle même. Ainsi nous ne faisons pas l'économie, des lacunes, des bouts de pellicule voilée en rouge, en jaune ou en bleu témoignant du temps qui nous sépare des hommes et des machines que la pellicule a enregistrés.

Les réalisateurs
Emmanuel Vigne est, de formation, journaliste, réalisateur-monteur et programmateur cinématographique. Il a travaillé dans de nombreuses structures, de France 3 Marseille à Canal Plus, en qualité de chef opérateur, de monteur et de réalisateur. Il a investi également de nombreux lieux de la ville, afin de proposer une programmation cinématographique et vidéo laissant la part belle au documentaire, cinéma expérimental, et autres raretés inédites sur les écrans marseillais. Depuis 2003, soutenu par sa structure de production Evaluna Films, il officie en qualité, entre autre, de réalisateur, avec à son actif de nombreux films tournés aux quatre coins du monde (Mexique, Iles Marquises, Côte d'Ivoire, Sénégal...).
Julien Chesnel, artiste peintre, expérimente (de 2000 à 2006) au sein du collectif Il lanificio, à Naples, dont il est co-fondateur, un travail de collaboration avec des photographes, scénographes, architectes. De retour en France, il continue le travail d’atelier et s’intéresse parallèlement aux images filmées, qui présentent pour lui un nouveau matériau à explorer.

E V A L U N A F I L M S
Evaluna Films est une jeune structure de production créée par Emmanuel Vigne. Elle compte à son actif plus d’une dizaine de reportages, variant de 12mn à 52mn, ainsi que de nombreuses commandes audiovisuelles (télévisuelles et institutionnelles). Zone portuaire est le premier documentaire de création produit par Evaluna Films.
email
www.evalunafilms.net

22h programme Documenter ? du Collectif jeune Cinéma - 62mn
Un panorama captivant et diversifié des œuvres récentes du catalogue du Collectif Jeune Cinéma. Des films à la frontière avec le documentaire, d'autres travaillant l'expérience intime, ou interrogeant les potentialités des images et la réalité sous-jacente.



UNTITLED N°1 de Masha Godovannaya
Russie, 2005, 4', coul, stéréo
Je marchais autour de la Perspective Nevski et j’ai vu cette fille qui dansait une danse passionnée et séduisante.
HALLO PAPI de Salma Cheddadi
France, 2009, 6', coul, stéréo
Dernier appel à son père. Jana est une jeune germano-thaï qui apparaît dans (presque) tous mes films. Elle a grandi en Thaïlande près de son père, avec qui elle entretient une relation affectueuse mais très distante. De pièce en pièce, elle déambule dans son appartement où les aplats de rouge, jaune et bleu illuminent la blancheur des murs. Un film pictural.
FACE OF AN ANGEL de Anthea Kennedy & Ian Wiblin
UK, 2008, 5'40, coul, stéréo
Face of an Angel a été réalisé à la demande du Lucca Film Festival à l'occasion du projet Twenty Puccini qui a proposé à vingt cinéastes de produire des courts métrages en lien avec les célébrations de la naissance du compositeur italien.
Face of an Angel s'inspire de l'opéra de Puccini La Fanciulla del West, situé en Californie au cours de la ruée vers l'or. Le film a été tourné dans le paysage noir et marqué d'une mine à ciel ouvert dans le sud du Pays de Galles, une des mines de charbon qui ont alimenté la révolution industrielle anglaise. A travers le thème de la rédemption, le film montre de manière chorégraphique les camions jaunes, des portraits de mineurs et la fuite vers une autre vie, en employant picturalement la surface du format vidéo de basse qualité. Des fragments de musique d'opéra sont tissés à l'intérieur une bande-son industrielle.
RESTER MINCE GRACE A BÉBÉ de Fabien Rennet
France, 2009, 4'30, coul, stéréo
Détournement d’un documentaire de 1989 financé par le Ministère de la Culture et le Ministère des Affaires Étrangères, Igor Tcharkovsky ou le rêve impossible, une méthode de puériculture soutenue par l'Église de Scientologie de Leningrad.
ISTANBUL, LE 15 NOVEMBRE 2003 de Fabrice Lauterjung
France, 2004, 11'30, coul, stéréo
Le 15 Novembre 2003, à Istanbul, je rencontrais un ancien réalisateur turc. Tout en me projetant quatre de ses films super-huit, il me racontait la ville. Il m’expliquait ses débuts dans le cinéma, comment il apprit le français. Il me révélait l’existence d’un cinquième film super-huit, d’une tour sur laquelle d’innombrables messages étaient inscrits dans toutes les langues. J’associais ses paroles à ce que je visionnais. Il me semblait qu’une logique narrative se tissait entre les images et son récit. Je le questionnais. Cette conversation n’a pas été enregistrée, mais sa retranscription était encore possible : je conservais les quatre films super-huit. Je les disposais bout à bout et ajoutais, sous forme de texte défilant de droite à gauche, au centre de l’écran, en un fin liseré, le souvenir de cet échange oral.
SIO TANTINA de Sandrine Romet Lemonne
France, 2005, 3'10, coul, stéréo

Sio Tantina est un conte indonésien qui parle d’un oiseau qui s’empoisonne lui-même, métaphore de l’homme moderne avec la pollution.
2000 WALLS (A SONG FOR JAYYOUS) de Peter Snowdon
UK, 2006, 6'23, coul, stéréo
La nuit. Une terrasse. Des voix d'enfants. Des vers. Une ritournelle. Durée en fragments, moment hors du temps. Des figures-fantômes, qui peinent à exister, même ici, chez eux. Documentaire expérimental, tourné en Cisjordanie occupée.
APRÈS LE FEU de Jacques Perconte
France, 2005, 3'10, coul, stéréo
À quelques kilomètres d'Ajaccio, la terre brûlée cède sous le poids de la couleur. Le sol se fend et libère des énergies picturales qui s'emparent du ciel. Je vois l'horizon disparaître, mais je le fixe. Le train continue sa route...
VILLE MARIE de Alexandre Larose
Canada, 2010, 17', coul et n/b, stéréo
Un individu rêve qu'il tombe du haut d'un édifice.

Collectif Jeune Cinéma
Le Collectif Jeune Cinéma (CJC), créé en 1971, a été la première coopérative de cinéma expérimental et différent fondée en France, et se consacre à la diffusion et à la promotion des pratiques expérimentales de l'image et du film.
Les activités du CJC se développent selon différents volets :
- L'organisation du Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris, événement international annuel entièrement dédié au cinéma expérimental et différent, dont en décembre prochain, du 6 au 11, se tiendra la 13ème édition aux Voûtes ;
- La distribution du catalogue du CJC, riche de plus de 900 titres, auprès des institutions, musées, festivals et programmateurs internationaux, dans le cadre de diffusions non-commerciales ;
- La promotion des pratiques expérimentales de l'image et du son à travers la réalisation d'ateliers et l'accompagnement des films lors de leur projection ;
- Tout au long de l'année la programmation et l'animation de séances mensuelles au cinéma La Clef à Paris.
Le Collectif Jeune Cinéma fête en 2011 ses 40 ans d'activité. Nous célébrerons cet anniversaire tout au long de l'année à travers plusieurs événements organisés autour de la coopérative, de sa collection et de son histoire.
Collectif Jeune Cinéma
c/o Mains d'Œuvres – atelier 11 1, rue Charles Garnier
93400 Saint-Ouen
tel+fax : +33. (0)1.40.11.84.47
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